Pourquoi la souffrance ?

February 27, 2018

Combien de fois avons nous entendu et même dis : "Pourquoi tant de souffrance ?" ou encore : "S'il existe un Dieu, pourquoi permet-il toute cette souffrance ?". Des enseignants spirituels parmi les plus réputés ont même relayé ces interrogations sans pour autant en donner une réponse suffisamment satisfaisante pour apaiser nos maux.

Dans un premier temps, partons du prédicat de départ que tout à un sens, y compris la souffrance. Admettons que la nature ne s'est pas trompé à ce sujet et que manifestement s'il existe un Dieu, une énergie, une entité toute puissante et toute aimante, il lui serait impossible de faire autrement sous peine de ne plus être cet Amour infini et inconditionnel que lui attribuent tant de religions, de spiritualités et enseignements ésotériques dans toute l'histoire de l'humanité. Convenons également que cet Amour infini irait jusqu'à permettre un libre arbitre à nulle autre pareille. La souffrance aurait donc un sens, une utilité et serait un gage de liberté.

Si je pousse encore mon raisonnement, Il serait plus contre nature voir plus dangereux de se défaire d'un certain attribut que de souffrir tous les maux du monde. Il y aurait plus important, plus grave que la douleur, l'angoisse et la déréliction. À tel point qu'il vaudrait mieux souffrir que de se séparer de ce précieux sésame.

Qu'est-ce qui peut bien être si intrinsèquement lié à la nature humaine pour que la souffrance l'empêche si assurément de s'en défaire ?
Sa nature divine ? Son intention d'incarnation ? Sa justesse d'être ?

Il m'est avis que l'alignement de l'identité sur son essence propre est la définition même du bonheur. J'observe que quand le Moi ne fait qu'exprimer l'authenticité du Soi, ce qui est déjà une gageure par les temps qui courent, la souffrance s'arrête. Le bouddha parlerait d'illumination. Carl Gustav Jung évoquerait la réalisation du Soi. Un Cours En Miracle conclurait au salut. Plus largement nous parlerons d'éveil.

La notion même d'éveil fera l'objet d'un prochain article. Les dérives et élucubrations fumeuses que je rencontre sur internet et ailleurs m'enjoignent à y mettre un peu de concret.

Pour en revenir à la souffrance, je la compare, toute proportion gardée, aux dispositifs anti somnolence que l'on trouve sur certaines portions de routes et qui provoquent un bruit particulièrement désagréable et un inconfort de conduite certain lorsqu'un automobiliste commence à sortir de sa voie. Encore faudrait-il que le conducteur se réveille, prenne conscience de son erreur et corrige sa trajectoire. Dis comme ça, ça parait si simple !!!

Dans le cas de la vie personnelle et sociale, la prise de conscience commencerait déjà par ne pas considérer la souffrance comme un échec mais comme un l'opportunité d'éviter l'échec. La distinction entre la simple douleur et la souffrance en elle-même réside certainement dans le refus plus ou moins catégorique que l'on oppose à l'expérience même de la douleur. La douleur n'étant qu'une information, une sensation. Le refus de l'expérience de la douleur n'est-il pas directement lié aux conditionnements sociaux et leurs lots d'exigences d'utilité et de performance et la menace d'un abandon voir d'un rejet certain dans le cas contraire ?

Nous voilà pris entre deux feux : celui de notre essence véritable qui nous informe que nous nous éloignons d'elle et celui de notre entourage connu qui nous menace subtilement mais surement d'un grand malheur si nous ne nous conformons pas à ses attentes. Entre la promesse d'une liberté méconnue et la sécurité d'une servilité rassurante, certains ont choisi. D'autres souffrent...

 

 

 

PS. l'image d'illustration est une oeuvre de Catherin Moon

 

 

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